Quand on installe le train de tiges et le mouton de 63,5 kg sur le port de Dunkerque, on sait qu’on va traverser des alternances qui racontent l’histoire du quaternaire flamand. Le pénétromètre SPT — ce n’est pas juste un tube fendu qu’on enfonce à coups normalisés, c’est un outil qui dialogue avec le sol. Ici, entre le remblai anthropique du bassin maritime et les sables fins de la plaine maritime, chaque séquence de battage nous donne une lecture directe de la compacité et de la consistance. On prend le temps de bien caler l’appareil parce que le vent d’ouest peut déstabiliser un trépied si on n’est pas rigoureux — et à Dunkerque, le vent, il fait partie du quotidien. Avant d’engager une fondation profonde, on croise toujours nos données avec un essai CPT pour confirmer la stratigraphie en continu, surtout quand les sables sont lâches entre 4 et 8 mètres de profondeur, ce qu’on retrouve souvent sur la bande littorale dunkerquoise.
À Dunkerque, l’indice N-SPT dans les sables flandriens sépare un projet fondé sur du solide d’un projet fondé sur des hypothèses
Méthodologie et portée
Considérations locales
Ce qu’on observe régulièrement à Dunkerque, c’est que les remblais historiques du port — posés depuis le XVIIe siècle sur les alluvions marines — réservent des surprises dès qu’on dépasse les 3 premiers mètres. On tombe parfois sur des poches de sable boulant sans la moindre cohésion, juste au-dessus d’une couche d’argile des Flandres. Le risque, c’est de sous-estimer la liquéfaction potentielle en cas de sollicitation sismique, même modérée. Le zonage sismique français place le Dunkerquois en zone 2 (faible), mais avec la nappe phréatique affleurante et ces sables fins saturés, un calcul de stabilité sans données SPT fiables, c’est un pari qu’on refuse de prendre. On a déjà vu des fondations superficielles repensées en urgence après des essais tardifs. Mieux vaut anticiper.
Vidéo explicative
Normes applicables
EN ISO 22476-3:2005 – Essais de pénétration normalisés, NF P 94-116 – Sondages de reconnaissance – Essai SPT, Eurocode 7 (NF EN 1997-2:2007) – Reconnaissance des terrains pour le calcul géotechnique, AFNOR NF P 94-500 – Missions géotechniques (G2 AVP à G4)
Services techniques associés
Sondages pressiométriques (Ménard)
On les cale souvent à proximité immédiate du SPT pour obtenir le module pressiométrique EM et la pression limite pl dans les argiles et limons de la plaine maritime. Essentiel pour dimensionner les fondations profondes des ouvrages portuaires selon la méthode LCPC.
Essais de perméabilité in situ (Lefranc)
Dans les sables du cordon littoral dunkerquois, la perméabilité peut dépasser 10⁻³ m/s. On réalise des essais Lefranc dans le même forage que le SPT pour caler les rabattements de nappe.
Granulométrie et sédimentométrie
Sur chaque échantillon remonté au split spoon, on enchaîne avec une granulométrie complète (NF P 94-056 / EN ISO 17892-4) pour classifier le sol selon le GTR et alimenter les fiches de synthèse géotechnique.
Paramètres typiques
FAQ
Quel est le prix d’un essai SPT à Dunkerque ?
Pour un essai SPT unitaire à Dunkerque, comptez entre 470 € et 750 € selon la profondeur, l’accessibilité du site et le nombre d’essais commandés dans la campagne. Ce tarif inclut la mobilisation de l’atelier de forage, le pénétromètre normalisé, le prélèvement au split spoon et le rapport avec l’indice NSPT brut et corrigé N60. Pour une campagne complète de 8 à 12 essais, on propose des forfaits dégressifs.
Jusqu’à quelle profondeur peut-on réaliser un SPT dans les sols de Dunkerque ?
Tout dépend du substratum. Dans la zone industrialo-portuaire, on descend couramment entre 15 et 25 mètres avant d’atteindre les argiles yprésiennes compactes. Sur le cordon dunaire, on peut s’arrêter plus tôt si le refus est atteint dans les sables denses. On adapte le diamètre du tubage (AW ou BW) en fonction de la tenue des parois.
Quelle est la différence entre un essai SPT et un essai CPT pour un projet à Dunkerque ?
Le SPT nous donne un échantillon physique du sol à chaque passe, ce qui permet d’identifier visuellement la lithologie et d’envoyer le matériau au laboratoire pour granulométrie ou limites d’Atterberg. Le CPT, lui, fournit un profil continu de résistance de pointe et de frottement latéral sans prélèvement. En pratique, on combine les deux : le CPT pour la stratigraphie fine, le SPT pour caler la compacité par corrélation et prélever.
L’essai SPT permet-il d’évaluer le risque de liquéfaction à Dunkerque ?
Oui, c’est même l’une de ses applications principales ici. Avec les indices NSPT corrigés (N1)60, on applique la méthode simplifiée de Seed & Idriss pour estimer le potentiel de liquéfaction des sables saturés peu denses qu’on trouve sous la nappe dans la plaine maritime et les zones portuaires. On croise toujours avec la granulométrie pour vérifier la susceptibilité du sol.
