Le moule CBR Proctor est posé sur la table, le disque d’espacement bien en place. Sur le littoral dunkerquois, la préparation de l’éprouvette commence toujours par un examen visuel de la matrice sableuse : la fraction coquillière trahit l’origine marine du matériau et oblige à adapter l’énergie de compactage. Nous utilisons une presse à pénétration de 50 kN asservie, équipée d’un piston de 49,6 mm de diamètre, avec enregistrement continu force-enfoncement jusqu’à 10 mm. Le banc d’essai est étalonné chaque mois selon la norme NF P94-078, car les gradients d’humidité salés qu’on observe sur les remblais du port de Dunkerque peuvent fausser les courbes effort-déformation si la vitesse de poinçonnement dérive. Une fois l’éprouvette saturée et immergée quatre jours, on mesure le gonflement au comparateur avant de passer à la rupture. Quand le chantier exige une classification plus fine du squelette granulaire, on couple l’essai CBR avec une granulométrie par tamisage à sec pour caler la courbe granulométrique réelle, surtout dans les sables lœssoïdes de la plaine maritime flamande.
Sur les limons de débordement de la plaine maritime, un CBR immergé à 5 % dimensionne une couche de forme tout autrement qu’un CBR à 15 %.
Méthodologie et portée
Considérations locales
Le sous-sol dunkerquois, c’est une superposition de sables flandriens, d’argiles des Flandres et de limons de colmatage, le tout sur un substratum yprésien argileux qui plonge vers le nord. La consistance molle à ferme des argiles yprésiennes, combinée à une nappe phréatique sub-affleurante dans les polders, crée des conditions de portance médiocres en fond de terrassement. Le risque technique principal, c’est de dimensionner une structure de chaussée sur un indice CBR mesuré en surface de remblai, alors que la couche sous-jacente saturée impose un CBR réel deux à trois fois inférieur. On l’a constaté sur des voiries de desserte logistique où le trafic PL de classe TC6-10 a provoqué des ornières profondes en moins de trois ans, simplement parce que le CBR de la plateforme n’avait pas été vérifié en condition immergée. La granulométrie discontinue des sables dunaires peut aussi générer des instabilités au compactage si la courbe Proctor n’est pas calée sur le matériau réel extrait en fouille. Dans le contexte du port Est, l’exposition aux embruns salés accélère la dégradation des couches de roulement si la portance à long terme n’est pas assurée par une couche de forme correctement dimensionnée.
Normes applicables
NF P94-078 – Indice CBR après immersion, NF P94-093 – Essai Proctor Normal et Modifié, NF EN 13286-2 – Mélanges traités aux liants hydrauliques (classification mécanique), Guide CEREMA – Dimensionnement des structures de chaussée (SETRA/LCPC)
Services techniques associés
Détermination de l’indice CBR avec courbe Proctor associée
On moule trois éprouvettes à des teneurs en eau encadrant l’optimum Proctor, on les immerge quatre jours sous surcharge simulant l’épaisseur de chaussée future, puis on poinçonne à vitesse constante. Le rapport fournit les indices CBR à 2,5 et 5 mm d’enfoncement, la courbe effort-déformation, le gonflement à saturation, et la classification GTR du sol pour le dimensionnement de couche de forme selon le guide CEREMA.
Étude complète de portance pour chaussée souple ou rigide
On couple l’essai CBR avec une identification granulométrique, les limites d’Atterberg quand la fraction fine dépasse 12 %, et l’essai Proctor Normal. Cette approche est indispensable sur les remblais hétérogènes de la zone industrialo-portuaire, où les matériaux d’apport varient d’une couche à l’autre et où le trafic poids lourds exige une portance minimale garantie sur dix ans.
Paramètres typiques
FAQ
Quel est le prix d’un essai CBR à Dunkerque pour une couche de forme routière ?
Pour un essai CBR unitaire réalisé en laboratoire selon la norme NF P94-078, avec compactage Proctor et immersion quatre jours, il faut compter entre 150 € et 290 € par éprouvette, selon qu’on intègre ou non l’essai Proctor préalable et la granulométrie associée. Une campagne de trois éprouvettes avec courbe complète reste le standard pour le dimensionnement de chaussée.
Pourquoi l’essai CBR doit-il être réalisé en condition immergée sur les sols de Dunkerque ?
Parce que la nappe phréatique est haute, souvent à moins d’un mètre cinquante sous la plateforme dans les polders et les zones basses de la plaine maritime. Le sol passe une grande partie de l’année proche de la saturation, et un CBR mesuré à l’optimum Proctor sec peut chuter de 30 à 50 % après immersion. Dimensionner une chaussée sur un CBR non immergé, c’est prendre le risque de sous-estimer l’épaisseur de couche de forme et de voir apparaître des ornières en deux ou trois hivers.
Quelle norme s’applique pour l’essai CBR dans les marchés publics du Dunkerquois ?
La norme française NF P94-078 est la référence pour les marchés de la Communauté Urbaine de Dunkerque et les appels d’offres du port. Elle définit le protocole de compactage, la durée d’immersion (quatre jours), la surcharge appliquée et la vitesse de poinçonnement. Pour les remblais traités aux liants hydrauliques, on suit en complément la norme NF EN 13286-2 pour la classification mécanique des mélanges.
